#Aftersex Selfie : se prendre en photo après l’amour

L’aftersex selfie c’est l’art de se prendre soi-même en photo avec son (sa) partenaire, à demi-nus, juste après avoir fait l’amour et la publier sur Internet (Instagram etc) sous l’intitulé #aftersex selfie ou #after sex. A ce jour des dizaines de milliers de photos taguées #AfterSex ou aftersex selfie ont été publiées sur la toile.

Cela touche qui ?

Les jeunes, les 16-25 ans qui ont le (mauvais) réflexe de l’ère Smartphone. Le portable toujours à portée de main, il leur faut tout photographier et mettre en ligne, instantanément et sans plus aucune limite pour leur vie privée et leur intimité.

Pour quoi faire ?

Prouver au monde entier et en particulier à ses « amis » que l’on réussi sa vie. Du pur narcissisme virtuel où l’on publie une représentation idéale de soi. Ici les jeunes montrent (ou veulent montrer) qu’ils ont une vie sexuelle épanouie (ou une vie sexuelle tout court). Alors que rien ne nous dit qu’ils ont prit du plaisir en durant l’acte sexuel qui a précédé l’aftersex selfie, même si c’était raté, l’enjeu est de montrer « qu’on a fait du sexe » et d’afficher une vraie-fausse complicité du couple ou des partenaires sexuels.

Qu’en penser ?

A l’ère de « Ma vie est géniale et je vous le prouve » comme on peut le voir partout et à tout âge sur les réseaux sociaux via les photos de vacances ultra-sélectionnées, des plats de resto qui donnent envie, d’enfants qui sourient tout le temps etc, les individus mettent leur bonheur et leur réussite en compétition.

Dans le cas de l’aftersex selfie on se demande si la jeune génération le fait en pleine conscience ou si elle ne fait que suivre une tendance, stupide, disons-le. Leur idole Miley Cyrus fait un « after-sex selfie » donc c’est que c’est cool, non ?

Mais qu’en est-il de leur image de soi ? Du respect d’eux-mêmes et de leur intimité ? Pourquoi ont-ils besoin de partager ce moment qui devrait leur appartenir ? Les jeunes n’ont pas conscience de l’ «oversharing »  (=trop en montrer). Ils n’ont pas non plus conscience de leur dépendance aux réseaux sociaux. Mais au stade de l’aftersex selfie, cela montre que l’addiction est malheureusement déjà bien ancrée. Il leur est devenu impossible de ne pas se connecter, de ne pas partager un moment de sa vie, aussi intime soit-il, sur les réseaux en temps réel. En Thaïlande, le département de la santé mentale envisage même de sensibiliser les jeunes aux dangers du selfie et de sa mise en ligne qui entraîne une dépendance et qui peut nuire à l’estime personnelle.

Malheureusement, le sex selfie prouve encore que le narcissisme virtuel n’a pas encore atteint ses limites.

A quand  le  « coït selfie », l’ «orgasm selfie » ou la prise de photo de son partenaire en train de jouir ? On n'a pas hâte...

 

 

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